Comme nous séjournons en Californie plus de 3 mois, nous avons du passer le permis de conduire américain, et ce même si nous avions pris la peine, avant notre départ, de demander des permis internationaux. Pour cela la procédure est assez simple, il faut prendre un rendez-vous par internet au DMV (Department of Motor Vehicles). Le DMV s’occupe de beaucoup de formalités autour de la voiture, un peu comme nos préfectures : les deux étapes du permis (code et conduite), l’échange d'un permis issu d’un autre état, le renouvellement (après un test de vision, en général) puisque le permis n’est valable que quelques années, l’enregistrement d’une nouvelle voiture ou la déclaration de la vente d’un véhicule. On peut prendre le risque d'y aller sans rendez-vous, mais il y a toujours beaucoup de monde et dans ce cas l’attente est très longue.
En ce qui me concerne, j’obtiens donc un rendez-vous (avec un délai de 10 jours), un jeudi après midi, afin de déposer mon dossier de candidature et de passer la partie théorique du permis.
Pour me préparer, je suis déjà passée au DMV quelques jours auparavant, afin de récupérer le (plutôt misérable) livret d'apprentissage du code, imprimé sur « papier PQ » comme disent certaines personnes… Et oui en Californie on est très « green ».
Le jour J j’arrive donc au DMV. C’est une immense salle pleine de gens, et c'est un peu l'usine. Une partie avec des comptoirs où les agents remplissent les dossiers, prennent les photos et corrigent les tests à la chaîne. Une autre partie avec des isoloirs où les candidats passent le code. Je prends place dans la file d’attente des gens qui ont un rendez-vous, et en effet elle est beaucoup plus courte que l’autre. On me remet un ticket avec un numéro. Il y a des chaises pour patienter, et des écrans sur lesquels défilent les numéros des dossiers en cours de traitement. Les 45 minutes d’attente me permettent d’observer les gens et de discuter un peu. Une petite dame me raconte qu’elle travaille encore à 80 ans, tandis qu'un un jeune homme est en communication sur son portable avec le tribunal pour savoir quand son jugement sera rendu.
La procédure inclut un test de vision, avec les 2 yeux puis avec chaque œil séparément. Pour cela, des panneaux avec plusieurs lignes de lettres sont affichés au-dessus des bureaux. Au total, il y a seulement 6 ou 7 combinaisons différentes (de 5 ou 6 caractères chacune); assez faciles à apprendre par cœur pendant les temps d'attente, donc, quand on arrive à les lire avec les deux yeux mais qu'on craint une mauvaise note avec un seul (demandez-donc à Seb). Un vieux monsieur passe ce test près de l’endroit où j’attends (encore); l’officier lui demande de lire la première ligne avec les 2 yeux. Il n’y arrive pas, l’officier lui demande donc de lire une seconde ligne, une troisième… toujours pas… L’officier lui demande finalement quelle ligne il peut lire, le monsieur lit donc la dernière ligne, celle avec des lettres énormes ! Verdict : il doit aller voir un médecin et se faire prescrire des lunettes avant de pouvoir obtenir le renouvellement de son permis. C’est fou que cet homme ne se soit pas rendu compte qu’il n’y voyait presque plus rien…
C'est enfin mon tour, une jeune femme entre mes informations dans le système, me fait passer le test de vision et payer 28 dollars pour les frais (incluant trois tentatives à l'examen théorique et une tentative au test pratique !) Dix minutes plus tard me voilà dans la file d’attente (très courte) pour me faire prendre en photo. Puis les choses sérieuses commencent: c’est le moment de passer le code.
Je demande le questionnaire en français, puisqu'on y a droit, ce qui nécessite un effort surhumain de la part de l’employé, qui va le chercher au fond d’un tiroir alors que les versions anglaise, espagnole, et chinoise sont a portée de main sur son bureau… Le test est composé de 2 parties, l'une portant sur les panneaux et la signalisation, l'autre sur les règles de circulation. Après correction (à la main... pas de boîtier électronique ici, candidat et examinateur planchent avec papier et crayon), je réussis finalement le test. Bizarrement, l’employé me rend mon questionnaire corrigé, ce qui a bien servi à Seb, qui s'est entraîné avec, et qui a passé exactement le même test quelques jours plus tard ! A croire qu’ils n’ont qu'une seule version en français.
Il ne me reste plus qu’à prendre rendez-vous pour l'examen pratique, cette fois avec un délai de 3 semaines. Pour la conduite, il faut fournir son propre véhicule, et comme les cours en auto-école ne sont pas obligatoires, je loue une voiture avec mon permis français. Contrairement à la France, pas besoin de voiture à double commande. Aucun passager n'est accepté, cela se fait exclusivement en tête-à-tête avec l'inspecteur. Après avoir vérifié que je sais où sont les phares, les clignotants, les essuie-glaces, et que tout fonctionne normalement, l’inspectrice me demande de lui montrer les "signaux avec le bras". Oops, j’ai une vague idée de ce qu’elle entend par-là, mais je ne m’en rappelle guère. Ces signaux sont «importants» au cas où ni les clignotants, ni les feux de stop ne fonctionneraient.
Bref, ça commence mal. Je démarre enfin, et il me faut alors réaliser une marche arrière en ligne droite: ce sera la seule manœuvre demandée. Après 20 minutes de conduite dans le quartier, l’inspectrice me dit que je n’ai pas passé le test car je n’ai pas roulé dans la piste cyclable pour tourner à droite, et que j’ai coupé la route à quelqu’un en changeant de voie devant lui, alors que cette voiture avait déboîté sans clignotant et que, par conséquent, je n’avais pu anticiper sa manœuvre. Je me rends compte qu'essayer de discuter ne mène a rien, et je reprends donc rendrez-vous pour 3 semaines plus tard... et bien sur je repars tranquillement au volant de ma voiture de location. La deuxième tentative fut la bonne, heureusement, et nous venons juste de recevoir les fameuses cartes qui nous permettent définitivement de conduire en Californie ! Toujours pas de voiture personnelle, mais le système Zipcar nous convient bien jusqu'à présent.
1 commentaire:
Moi je dis, c'est quand même moins cher et bien plus rigolo que le permis en france... Surtout que VOUS n'avez pas un tout petit stock de points. Enfin, félicitations (je sais c'est tard) et je suis si contente de ne pas être la seule à avoir passé son permis cette année (les circonstances, ça interesse qui?)
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